Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Concours

W3C

  • Flux RSS des articles

Recommander

Mercredi 1 décembre 2004 3 01 /12 /Déc /2004 00:00

Une fête de Korité à deux vitesses !

 

         Des communiqués contradictoires.

 

La journée de la Korité fut célébrée le samedi 13 novembre 2004 par les Tidjanes du Sénégal.

 

La fin du Ramadan avait été annoncée la veille par le porte-parole de la famille de El Hadj Omar Al Foutiyou Tall à qui les musulmans sénégalais doivent beaucoup pour avoir porté haut l’étendard de l’Islam pendant que la sous région était au parfum de l’animisme.

 

Cette première annonce fut suivie de celle de la famille de El Hadj Malick Sy de Tivaouane faite par Serigne Abdoul Aziz Sy Junior. Immédiatement après, ce fut au tour de Baye Djibril Diène, l’imam de la grande mosquée de Dakar, de débiter une déclaration selon laquelle la prière de l’Aïd Al Fitr à la grande mosquée serait faite le lendemain sous sa direction.

 

Déclaration aussitôt démentie par une autre qui appelait les fidèles à une concertation toujours le lendemain à 8 h, c’est-à-dire juste avant l’heure fixée pour la prière. Cette concertation allait devoir décider s’il faudrait surseoir à la grande prière du lendemain ou pas.

 

Auparavant, les Mourides et les Layènes avaient exprimé leur ndigël sur les ondes des radios qui fixait la Korité au surlendemain.

 

Il faut rappeler que les Tidjanes avaient eu 29 journées de jeun car ils avaient aussi commencé le Ramadan un jour avant les autres qui allaient boucler leur 29e jour ce samedi.

 

Une commission muette d’observation du croissant lunaire.

 

La CONACOC avait été, disons-le, prise de court. Les confréries et les imams avaient joué la partition par le biais de communiqués qui avaient laissé l’érudit Ahmed Iyane Thiam et son organisation sans voix. Une partition, certes, bien discordante …

 

Cette commission cherche visiblement, depuis sa mise sur pied, à harmoniser des visions clairement divergentes. Mais, à l’épreuve des faits, il paraît moins difficile de faire jour et nuit à la fois au Sénégal que d’y uniformiser les opinions des confréries sur le croissant lunaire.

 

Des forces négatrices dans les mosquées et les Tarikhas.

 

Cependant, les forces négatrices sont nombreuses. La politique essaie d’inféoder les mosquées. Qui a-t-on entendu à Sud FM parler au nom des fidèles de la grande mosquée ? Ce n’est personne d’autre qu’un politicien du Ps bien connu du monde sportif entre autres. La politique ne doit pas polluer les choses religieuses.

 

Le gouvernement risque, lui, de se fourvoyer, s’il voudra annihiler le ndigël des chefs religieux. L’état est déjà soupçonné de partialité vis-à-vis de l’une des familles religieuses du pays à laquelle appartient le Président de la République qui s’est permis dans une de ses pérégrinations de s’agenouiller et de se prosterner devant son Khalif Général, suivi en cela par toute la délégation officielle.

 

Conciliabules entre Ibadous, Tidjanes et Mourides.

 

« Quand les Ibadous Rahmane clament tout haut l’universalité de la religion islamique en s’alignant sur n’importe quel musulman ayant déclaré avoir vu le si précieux croissant n’importe où sur la planète Terre. Les Tidjanes, eux, se fient inconditionnellement aux hommes (et aux djinns ?) (en)voyeurs invétérés de clignotants astraux. Il leur suffit, dit-il, d’un éclat vif d’une étoile pour qu’ils l’assimilent à la lune et qu’ils annoncent le début ou la fin du mois musulman.

 

Quant aux Mourides, ils ne se fatiguent point à scruter et dénicher la lune coûte que coûte ; celle-ci doit être vue même par les myopes. Même s’il pleut, il faut attendre la fin de la pluie ou différer les limites que s’est fixées le temps et les repères du calendrier lunaire. Pour eux, un djinn peut chercher à berner les humains en leur faisant miroiter une fausse lune. »

 

        Deux crépuscules lunaires à la même date.

 

Que fera le Sénégal : tendre vers l’universalité tout en sachant que le croissant lunaire est unique au monde. Tous les pays de tous les continents sont effectivement éclairés par le même soleil. Le samedi 13 novembre 2004 arrive, tombe et c’est le même jour dans toutes les parties du monde. Tout n’est qu’une question de succession de fuseaux horaires, la lune apparaissant en Arabie Saoudite 3 h avant que les Sénégalais ne puissent l’entrevoir le même jour. Donc, on assisterait à deux crépuscules lunaires à la même date mais avec trois bonnes heures de différence.

 

 

 

Deux questions s’imposent à nous :

 

-         Jusqu’à quel niveau peut-on concilier le système solaire et l’apparition de la lune ?

 

-         Et l’Islam, religion universelle, va-t-elle se conforter durablement dans une réclusion concessionnelle, zonale ou nationale ?

 

Que nous réserve l’avenir ?

 

Il ne faut pas chercher à tordre le bras à une communauté pour qu'elle s’aligne sur une autre. Si l’état peut faire taire les chefs religieux quand il s’agit de fixer les dates, il aura fait un début du chemin tortueux de la compréhension mutuelle. Si une solution s’avère au-dessus de ses capacités, qu’il sache raison garder de peur de se retrouver dans une situation où il sera obligé sans cesse d’essayer de sauver la face afin de garder un peu de crédibilité.

 

Le gouvernement devra peut-être se contenter alors de prêcher invariablement la bonne parole inconditionnelle à l’endroit de la Oumma islamique et de proposer des voies modernes d’observation de la lune. La science, à coup sûr, aura le dernier mot et elle va encore, une fois n’est pas coutume, confirmer la véracité du texte coranique.

 

Allahou Akbar !

 

M. A. Guèye

Par Amar Guèye - Publié dans : amrem2000
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus